Fevrier rencontres

Rencontres Dédicaces Fin février


21 Février à 19h30

Si tout n'a pas péri avec mon innocence

Kim, la narratrice, grandit dans le sud de la France, au bord de la mer ? qu'on voit danser de temps en temps dans ce roman. Elle est entourée d'adultes immatures, cruels et déraisonnables : affligée d'un bec-de-lièvre, sa mère se lance sur le tard dans une carrière de stripteaseuse ; son père, qui a tatoué ses cinq enfants d'une étoile bleue sur l'occiput, brille par sa faiblesse et son insignifiance ; son grand-père est un insupportable fanfaron, et sa grand-mère sombre peu à peu dans la folie avant de regagner l'Algérie fantasmatique de son enfance. Heureusement, pour l'aider à survivre à une enfance calamiteuse, Kim a l'amour inconditionnel de ses petits frères, la gymnastique rythmique, la lecture de Baudelaire, et ses nuits fauves avec son prince ardent. Sans compter qu'elle ne va pas tarder à rencontrer sa sorcière bien-aimée en la personne d'une sage-femme à la retraite ? à moins qu'il ne s'agisse d'une vieille pute sur le retour ? En fait de retour, on assiste aussi à celui de Charonne (déjà présente dans Hymen et surtout dans Une fille du feu) qui fait basculer (in extremis) cette histoire du côté de la beauté et de l'énergie vitale. Comme les précédents livres d'Emmanuelle Bayamack-Tam, celui-ci se propose d'illustrer quelques unes des lois ineptes de l'existence. Le titre est emprunté aux Métamorphoses d'Ovide : comme Philomèle, Kim survit aux outrages, mais contrairement à elle, on ne lui a pas coupé la langue, ce qui fait qu'elle raconte, dans une langue qu'Emmanuelle Bayamack-Tam a voulue à la fois triviale et sophistiquée, comment l'esprit vient aux filles. Or, on sait depuis longtemps qu'il leur vient par les chemins à la fois balisés et inextricables du désir charnel. Pour Kim, il empruntera aussi ceux de la poésie du XIXe, ce qui fait que Si tout n'a pas péri avec mon innocence se veut aussi récit d'une vocation d'écrivain. 


                                                                                                                                                                                              

Helena Villovitch
21 Février à 19h30

Habiter la ville, habiter sa vie, s'habiter... tout court. Avec ces quatorze nouvelles immobilières, Hélèna Villovitch poursuit la chronique d'une génération précaire, la sienne. La quête d'un logement nourrit chaque mésaventure, cruelle ou burlesque, de ce recueil : entre vagabondage insouciant, co-location à l'étroit, échange d'appartements, troubles du voisinage, endettement à long terme et culbute spéculative. Autant de cloisonnements existentiels qui pèsent sur les personnages, accusent leur solitude, les minent de l'intérieur. Maniant la satire avec bienveillance, Hélèna Villovitch sonde les illusions perdues et les calculs égoïstes de notre époque, sans oublier jamais d'y glisser un grain de folie douce. 



                                                                                                                                                                                              



Desports

27 février à 19h

« Non un magazine de sport, mais le magazine des sports », la formule est d'Henry Luce, le fondateur de Sport Illustrated, de Life et du Times. Définition du vieux mot français « desport » : « divertissement, plaisir physique ou de l'esprit », autant les jeux du corps que ceux de l'esprit. Le magazine DESPORTS garde cette dimension « jeux » : des échecs au tennis. Le magazine DESPORTS sera entre Life pour la photo, Sport Illustrated pour le détail d'almanach, le New Yorker pour le grand reportage, et l'ensemble s'inscrira dans la grande tradition française de la littérature sportive d'Antoine Blondin à Jean Hatzfeld. Le format et le grand soin de fabrication (plus « livre » que Feuilleton) le positionnent davantage comme un livre cadeau, un petit beau livre cartonné, « le livre du sport ». 288 pages, une précision de « miscellanées », un cahier central à l'aspect « rétro » et une couverture « matière » totalement singulière : un « petit beau livre ». 


                                                                                                                                                                                              



Pascale Kramer

28 fevrier à 19h30

« Je n'ai accepté de venir que parce que Naïs est malade, insista-t-il une fois encore comme pour lui signifier que son affection n'allait pas de soi maintenant qu'elle n'était plus à la rue. Vous savez n'est-ce pas que j'ai dû partir parce que j'ai eu de gros ennuis ? » Michel a presque tout perdu en voulant désespérément aider Gloria. Il a été renvoyé du centre d'accueil où la jeune femme avait été placée, et ne l'a plus revue. Trois ans plus tard, elle le rappelle. Et il consent à la revoir. Très vite, le comportement de Gloria envers sa petite fille, Naïs, l'inquiète et le pousse à s'immiscer dans leur vie. Mais qui cherche-t-il vraiment à sauver ? Chez Pascale Kramer, les enfants sont au centre des histoires, agissant comme des révélateurs. Dans ce dernier roman, l'auteur a su admirablement mettre en scène l'ambivalence au coeur des relations humaines et la solitude de chacun face au jugement des autres. À quoi finalement se mesure la normalité des vies ? 


Aucun commentaire: